Le désherbant Radikal, formulé à base de glyphosate à 360 g/L de concentration, reste un herbicide total non sélectif réservé aux professionnels. Préparer la solution dans les bonnes proportions, régler correctement son pulvérisateur et appliquer sans gaspiller ne relèvent pas du simple bon sens : chaque étape a un impact direct sur l’efficacité du traitement, la quantité de produit consommée et le respect des distances réglementaires. Ce guide détaille la chaîne opératoire complète, du bidon au terrain.
Buses et pression du pulvérisateur : le réglage qui change tout
La plupart des guides sur le Radikal se limitent à recommander de traiter par temps calme. C’est insuffisant. Le choix de la buse et le réglage de la pression déterminent la taille des gouttelettes, et cette taille conditionne deux paramètres décisifs : la couverture foliaire et la dérive du produit vers les zones non ciblées.
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Une buse à fente classique, utilisée à pression élevée, produit des gouttelettes fines qui dérivent facilement avec le moindre souffle d’air. En revanche, une buse à injection d’air génère des gouttes plus grosses, moins sensibles au vent.
Ce n’est pas qu’une question de confort. Des buses certifiées comme réduisant la dérive d’au moins 66 % permettent, en cultures basses, de réduire la zone de non-traitement (ZNT) de 10 m à 5 m, voire de 5 m à 3 m. Autrement dit, le réglage du pulvérisateur a une conséquence réglementaire directe sur les distances de sécurité à respecter vis-à-vis des points d’eau et des habitations.
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- Pression recommandée : rester dans la plage basse indiquée par le fabricant de la buse pour limiter la production de fines gouttelettes
- Type de buse : privilégier les modèles à injection d’air (référencés dans la liste officielle des matériels anti-dérive) plutôt que les buses à fente standard
- Hauteur de rampe : maintenir la rampe au plus près de la végétation cible, sans descendre au point de créer des zones de chevauchement excessif

Dosage du désherbant Radikal selon le type d’adventices
Le Radikal n’est pas un produit que l’on dose au jugé. La concentration de glyphosate à 360 g/L impose un calcul de dilution adapté à la nature des herbes présentes. Les adventices annuelles, dont le système racinaire reste superficiel, nécessitent une dose plus faible que les vivaces comme le chiendent, le liseron ou le rumex, dont les réserves souterraines exigent une quantité de matière active supérieure pour une destruction complète.
Annuelles et vivaces : deux logiques de dosage
Pour les mauvaises herbes annuelles, la dose de produit concentré par litre d’eau de pulvérisation est nettement inférieure à celle requise pour des vivaces installées. Le surdosage sur des annuelles ne renforce pas l’efficacité : il gaspille du produit et augmente inutilement la charge en glyphosate déposée sur le sol.
À l’inverse, sous-doser sur des vivaces revient à stresser la plante sans la détruire. Elle repousse, parfois plus vigoureusement, et le traitement aura été inutile. Respecter la dose étiquette est la seule garantie d’un résultat systémique complet, c’est-à-dire une circulation du produit jusqu’aux racines profondes.
Dilution pratique pour un pulvérisateur courant
La préparation se fait toujours dans cet ordre : remplir le cuve aux deux tiers avec de l’eau claire, ajouter la dose de concentré Radikal, puis compléter le volume d’eau restant. Ce protocole évite la formation de mousse et garantit une solution homogène.
Utiliser une eau trop calcaire ou trop froide peut réduire l’absorption foliaire du glyphosate. Une eau à température ambiante et de dureté modérée optimise l’efficacité du mélange. Les retours terrain divergent sur ce point, certains professionnels n’observant aucune différence notable selon la qualité de l’eau, mais le principe de précaution chimique reste valide.

Application au sol : traiter sans gaspiller ni contaminer
Le gaspillage lors de l’application provient rarement d’un mauvais dosage. Il vient d’un passage trop rapide, d’un chevauchement de bandes ou d’un traitement sur des plantes en mauvais état physiologique.
Le glyphosate agit par absorption foliaire. Une plante couverte de poussière, en stress hydrique sévère ou dont les feuilles sont mouillées par la rosée absorbe mal le produit. Traiter sur feuillage sec et propre, en période de croissance active, reste la condition la plus déterminante pour éviter un second passage.
Vitesse de passage et régularité
Marcher à vitesse constante avec un pulvérisateur à dos semble anodin. En pratique, accélérer dans les zones déjà traitées et ralentir dans les zones denses crée des écarts de dosage considérables. Sur un terrain plat, maintenir un rythme régulier avec un léger chevauchement des bandes (de l’ordre d’un quart de la largeur de jet) suffit à couvrir la surface sans doubler la dose localement.
Le fond de cuve, ce reliquat de solution qui ne peut plus être pulvérisé, doit être dilué et appliqué sur la zone déjà traitée, jamais vidé dans un fossé ou un regard d’eau pluviale.
Cadre réglementaire : détention et usage du glyphosate en France
Depuis le 1er janvier 2019, les particuliers n’ont plus le droit d’acheter, d’utiliser ni de détenir des produits phytopharmaceutiques de synthèse, y compris les désherbants au glyphosate comme le Radikal. Cette interdiction, issue de la loi Labbé, ne concerne pas uniquement l’achat : la simple détention d’un bidon dans un garage constitue une infraction.
Le marché parallèle reste actif. Des bidons de glyphosate circulent encore lors de foires ou via des canaux non officiels. L’utilisation par un particulier, même sur une allée gravillonnée privée, expose à des sanctions.
Pour les professionnels (agriculteurs, paysagistes, gestionnaires d’espaces verts), l’usage reste autorisé sous conditions. Il faut détenir un Certiphyto valide, respecter les ZNT, consigner les traitements dans un registre et porter les équipements de protection individuelle requis (gants, lunettes, combinaison, masque si nécessaire).
Les restrictions se sont aussi durcies sur les zones de vie : pelouses accessibles au public, abords d’établissements scolaires, terrains de sport. Même pour un professionnel certifié, ces espaces font l’objet de limitations spécifiques qui vont au-delà de la simple interdiction aux particuliers.
Le désherbant Radikal reste un outil efficace dans l’arsenal professionnel, à condition de maîtriser la chaîne complète : calcul de dose adapté aux adventices présentes, réglage précis du pulvérisateur avec des buses limitant la dérive, application sur végétation en croissance active et respect strict du cadre légal. Chaque raccourci dans cette séquence se traduit soit par un gaspillage de produit, soit par un risque sanitaire et environnemental accru.

