Jardinier préparant un rameau d'oleander pour propagation

Quand et comment bouturer un laurier rose ?

29 août 2025

La multiplication végétative du laurier-rose ne s’effectue pas toute l’année, malgré sa réputation de robustesse. Certaines périodes favorisent l’enracinement, tandis que d’autres conduisent à l’échec, même avec des soins attentifs.

Une tige saine et mature ne garantit pas la réussite sans une coupe précise ni un substrat adapté. Les erreurs courantes concernent l’humidité, la température et le choix du rameau. Les taux de reprise varient, mais quelques étapes incontournables permettent d’optimiser les chances de succès.

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Le laurier-rose, une plante facile à multiplier chez soi

Le laurier rose incarne l’esprit méditerranéen : robuste, généreux, capable d’illuminer un jardin ou un balcon par sa floraison abondante. Ce n’est pas un hasard si tant d’amateurs cherchent à le multiplier. Le bouturage permet d’obtenir une réplique parfaite de la plante mère, en conservant la beauté des fleurs, la densité du feuillage, la résistance à la sécheresse. Tout cela, pour le coût dérisoire d’un peu de terreau et d’un sécateur propre.

Pratiquer le bouturage laurier rose, c’est miser sur une méthode fiable, rapide, qui évite les surprises liées au semis. Avec chaque nouvelle bouture réussie, on prolonge l’identité même du laurier, qu’il soit rose pâle, blanc éclatant ou rouge vif. Pour cela, il faut prélever des tiges vigoureuses, jeunes, sans fleurs ni bois durci, issues d’un sujet bien établi.

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L’approche reste accessible à tous : une tige de 15 à 20 cm, un substrat léger, parfois simplement un verre d’eau sur une table lumineuse, et la propagation démarre. On peut ainsi étoffer une haie, offrir un jeune plant ou remplacer une vieille souche fatiguée. Dès lors que l’on respecte le cycle de la plante et quelques règles simples, le bouturage du laurier rose devient une expérience à la fois gratifiante et ludique, quelque part entre science et plaisir du jardin.

À quel moment bouturer pour mettre toutes les chances de votre côté ?

Le bouturage laurier rose se pratique de préférence entre mai et septembre, période où l’arbuste connaît un regain d’énergie. Pendant ces mois, la sève circule activement, les jeunes pousses sont souples, prêtes à s’enraciner sans difficulté. Il convient alors de choisir des journées modérément chaudes, sans excès, pour que les nouvelles boutures ne subissent ni stress thermique ni dessèchement brutal.

Les mois de mai à septembre correspondent à la phase de croissance la plus intense. L’été, notamment, favorise un enracinement rapide, pour peu que l’on veille à préserver une humidité régulière. Lorsque les températures restent douces, sans canicule ni fraîcheur précoce, le taux de réussite grimpe nettement. Dès l’automne, la plante ralentit, la sève se fait plus paresseuse et le risque de pourriture augmente sérieusement.

La saison froide, elle, ne laisse guère de place à l’optimisme : le laurier rose entre en repos et les boutures stagnent, même en intérieur. Au printemps, mieux vaut attendre que les dernières gelées soient passées, afin d’éviter tout blocage de la reprise.

Voici un résumé des périodes à privilégier ou à éviter pour le bouturage :

  • De mai à septembre : taux de reprise optimal.
  • Été : enracinement rapide, boutures vigoureuses.
  • Automne et hiver : faible réussite, risques accrus de maladies.

Pour propager le laurier rose avec succès, il faut donc s’accorder au rythme de la nature. Plutôt que de précipiter les choses, patienter jusqu’à la bonne saison garantit des boutures saines et robustes.

Étapes détaillées pour réussir vos boutures de laurier-rose

Commencez par choisir une tige exempte de fleurs, jeune mais bien formée, d’environ 15 à 20 centimètres. Utilisez un sécateur désinfecté pour couper net, et retirez les feuilles du bas sur plusieurs centimètres. Ce geste limite l’évaporation et donne toutes ses chances à la future racine. Une incision discrète à la base de la tige, sur un petit centimètre, stimule l’apparition de racines.

Deux voies s’offrent à vous pour le bouturage laurier rose. La première : placer la bouture dans un verre d’eau claire, à température ambiante. Un morceau de charbon de bois, plongé dans le récipient, permet de garder l’eau limpide plus longtemps. Installez l’ensemble près d’une fenêtre, mais sans soleil direct. Selon les conditions, les racines émergent entre deux et six semaines.

Autre méthode : préparer un mélange léger, constitué à parts égales de sable et de terreau. Plantez la tige, tassez délicatement, arrosez juste assez pour humidifier le substrat, puis couvrez d’un sac plastique transparent. Ce mini-climat chaud et humide accélère l’enracinement, à condition d’aérer tous les deux jours pour éviter la condensation excessive. Certains jardiniers insèrent leur bouture dans une pomme de terre avant de la placer en pot : l’amidon est censé favoriser le développement des racines. Vous pouvez tenter l’expérience, mais la méthode classique reste la plus fiable.

Quelques repères pour guider vos gestes :

  • Prélevez votre bouture tôt le matin, quand la tige est la plus gorgée de sève.
  • Mettez vos boutures à l’abri du plein soleil pendant les premiers jours.
  • Gardez le substrat humide mais jamais détrempé, pour éviter tout risque de pourriture.

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Petits conseils pour accompagner la reprise et éviter les erreurs courantes

Un point de vigilance : surveiller l’humidité du substrat. Trop d’eau et les champignons prolifèrent, les tiges noircissent, la bouture meurt sans appel. Le jeune laurier rose préfère une terre à peine humide, jamais saturée.

Observez attentivement le feuillage. Une bouture en pleine forme garde ses feuilles bien vertes, fermes et sans taches. Si elles jaunissent ou tombent, il y a probablement un problème d’enracinement ou une maladie en cours. Examinez alors la base de la tige : des racines claires et vigoureuses sont bon signe. Une base molle ou sombre annonce une issue malheureuse.

Le laurier rose prend parfois son temps. Deux à six semaines peuvent s’écouler avant de voir les premières racines ou de jeunes feuilles pointer. Évitez de tirer sur la bouture pour vérifier : une simple pression du doigt à la base suffit pour jauger la résistance naturelle.

Voici quelques précautions supplémentaires pour maximiser la réussite :

  • Portez toujours des gants : la sève du laurier rose peut provoquer des irritations, voire des réactions toxiques.
  • Surveillez l’arrivée des pucerons sur les jeunes pousses ; un jet d’eau ou un peu de savon noir suffit généralement à s’en débarrasser.

Au fil des semaines, la patience et l’attention portent leurs fruits. Voir une bouture de laurier rose s’enraciner, puis lancer ses premières pousses, c’est assister à une petite victoire sur le temps. Et peut-être, un jour, retrouver dans son jardin une haie éclatante, née d’un simple rameau dérobé à la plante mère.

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