Le décret du 14 février 2025 interdit l’usage du Rotalin dans les cultures maraîchères sous serre, tout en autorisant son emploi sous conditions strictes en plein champ. Pourtant, certains États membres appliquent des dérogations ponctuelles, provoquant des divergences dans l’accès au marché européen. Les dernières listes de produits validés pour 2026 incluent désormais des formulations à libération contrôlée, après des mois de débats techniques entre agences nationales et la Commission européenne.
Rotalin en 2026 : cadre réglementaire et évolutions attendues
En 2026, le méthylphénidate, plus connu sous le nom de Ritaline, fait l’objet d’une surveillance accrue. L’ANSM ajuste la mire : chaque mois, des chiffres précis sur les stocks et la distribution sont publiés, compilés grâce aux remontées issues des pharmacies et des circuits de grossistes. De son côté, l’EMA a lancé une vaste enquête européenne sur la dynamique des prescriptions. Le marché français traverse une période tendue depuis 2023, avec une pénurie mondiale de psychostimulants qui continue de peser sur l’accès aux traitements.
En France, la progression est spectaculaire : +150 % de prescriptions de Ritaline entre 2020 et 2024, selon l’Assurance maladie. Ce rythme laisse loin derrière les chiffres britanniques (0,39 %) et néerlandais (1,56 %) observés en 2023. Face à cette vague, des voix s’élèvent. Le Pr Jean-Arthur Micoulaud Franchi multiplie les interventions lors de congrès, appelant à repenser la régulation. Le Pr Romain Icick et le Dr Denis Cacic, quant à eux, soulignent l’importance d’un suivi clinique attentif et d’une adaptation des pratiques à la réalité du terrain.
Pour mieux comprendre les acteurs mobilisés, voici un aperçu des principaux axes d’action :
- ANSM : suivi renforcé des stocks, notamment pour le méthylphénidate, la rispéridone, la quétiapine et d’autres produits associés
- EMA : coordination d’études sur la raréfaction des produits et les tendances de prescription
- Laboratoires pharmaceutiques : ajustement des chaînes logistiques, anticipation des volumes requis
Les données de l’ANSM laissent entrevoir une stabilisation pour la rispéridone injectable au début de 2026, tandis que la quétiapine 400 mg LP devrait progressivement réapparaître en officine d’ici la fin du premier semestre. La réglementation autour du TDAH évolue donc dans un équilibre précaire, entre accès sécurisé aux traitements et enjeux de santé publique.
Quels produits seront autorisés et sous quelles conditions d’homologation ?
Pour 2026, la liste des psychostimulants accessibles pour le TDAH en France reste dominée par le méthylphénidate. Plusieurs spécialités sont proposées : Ritaline, Concerta, Quasym, Medikinet et Methylphenidate Viatris LP. La première prescription annuelle reste strictement réservée à des spécialistes, pédopsychiatres, psychiatres, neurologues, neuropédiatres ou pédiatres, tandis que le renouvellement mensuel peut être assuré par tout médecin, généraliste compris.
Les alternatives et options complémentaires se précisent :
- Lisdexamfétamine et dexamphétamine : réservées aux situations où le méthylphénidate ne convient pas, avec un protocole d’encadrement renforcé
- Atomoxétine et guanfacine : options non stimulantes, généralement prescrites en seconde intention
La HAS insiste sur une évaluation régulière des patients, l’ajustement des doses et une vigilance constante face aux effets secondaires : palpitations, bouche sèche, perte d’appétit, nausées, ainsi qu’une légère hausse de la tension artérielle ou du rythme cardiaque. Les formes à libération prolongée sont parfois mieux tolérées, notamment chez les personnes anxieuses ou présentant un risque d’observance imparfaite.
Pour la classe des antipsychotiques, la quétiapine (50, 300 et 400 mg LP), la rispéridone injectable et la palipéridone injectable restent des références. Les mesures exceptionnelles sur leur approvisionnement seront progressivement levées une fois les stocks stabilisés, annonce l’ANSM. Quant à la venlafaxine, elle bénéficie encore d’importations venues du Royaume-Uni afin d’éviter toute rupture pour les patients concernés.
La prise en charge du TDAH chez l’adulte exige une attention particulière : suivi cardiovasculaire, contrôle du poids, évaluation du risque suicidaire. Chaque étape du protocole vise à garantir à la fois l’efficacité et la sécurité du traitement, sans rien laisser au hasard.
À l’horizon 2026, le paysage du TDAH se redessine : la vigilance réglementaire s’intensifie, les options thérapeutiques s’ajustent, et derrière chaque ordonnance se joue un équilibre subtil entre innovation, sécurité et accès aux soins. Reste à savoir si cette nouvelle donne saura répondre aux attentes des patients et des soignants, sans perdre le cap de l’intérêt collectif.


