Femme jardinant protégeant un zucchini avec un filet

Protéger un pied de courgette : mes astuces infaillibles

2 janvier 2026

En France, près de 40 % des plants de courgettes sont touchés chaque année par l’oïdium ou le mildiou, même en pleine saison estivale. Certaines variétés réputées résistantes succombent pourtant sous l’effet conjugué d’arrosages irréguliers et d’attaques d’insectes. Le paillage classique n’offre pas toujours la protection attendue et l’usage de traitements chimiques reste controversé.

Pourtant, il existe des gestes souvent mis de côté qui changent la donne : en les adoptant, on réduit réellement les pertes et on récolte plus de courgettes, sans se laisser surprendre par les caprices de la météo ou les mauvaises surprises du potager.

Comprendre les besoins essentiels d’un pied de courgette

La courgette, reine sans conteste du potager est exigeante dès le départ. Pour l’installer dans de bonnes conditions, le sol doit rester souple, profond et bourré de matière organique. Avant même de planter ou de semer, rien ne vaut une bonne poignée de compost bien mûr ou un peu de fumier bien décomposé : c’est ce geste qui fait la différence sur la vigueur des racines et, au final, sur le rendement des fruits.

Autre repère clé : l’exposition. Les courgettes gagnent à pousser dans un coin bien ensoleillé, à l’abri des vents froids. Côté arrosage, régularité et précision sont de mise : on vise le pied, jamais le feuillage, pour limiter les maladies. L’eau, c’est le matin, histoire que les feuilles sèchent vite et que l’oïdium reste à distance.

Pendant la saison, un bon coup de boost au sol avec un apport organique en surface, compost ou fumier, stimule la plante et favorise les fleurs. Garder un œil sur la présence de fleurs mâles et femelles, c’est aussi s’assurer une récolte généreuse de courgettes.

Dernier conseil pour un sol qui reste vivant : alterner les cultures. Installer les courgettes après des légumes feuilles ou des légumineuses permet de profiter d’un sol ressourcé, moins exposé aux maladies spécifiques et propice à la biodiversité microbienne.

Quels sont les principaux dangers qui menacent vos courgettes ?

Faire pousser des courgettes, ce n’est jamais un long fleuve tranquille. Le premier adversaire à surveiller, c’est l’oïdium : ce champignon profite du moindre excès d’humidité pour s’installer. On le repère à ce voile blanc sur les feuilles, qui finit par les dessécher et stoppe net la croissance des fruits. Un arrosage mal adapté, trop généreux ou sur le feuillage, lui ouvre la porte. D’où l’importance de bien contrôler l’humidité et de viser le pied à chaque arrosage.

Le mildiou n’est pas en reste, surtout quand les journées sont chaudes et les nuits fraîches. Les feuilles se couvrent alors de taches jaunes ou brunes, et la récolte dégringole si rien n’est fait.

Autre fléau, surtout lors des semis en pleine terre : les limaces. Elles raffolent des jeunes plants, profitent du moindre recoin de paillage ou de débris pour s’inviter et grignoter les premières feuilles. Même les fruits en formation ne sont pas épargnés, creusés de sillons à la surface.

Les pucerons, eux, se jettent sur les pousses tendres, affaiblissent la plante et peuvent transmettre des virus. La présence de fourmis dans les parages n’est jamais bon signe : elles signalent souvent une invasion de pucerons à venir.

Enfin, il ne faut pas négliger le rôle des insectes pollinisateurs. Si les abeilles et les bourdons manquent à l’appel, les fruits risquent d’être déformés, voire de ne jamais se développer. Favoriser la biodiversité autour du potager et varier les cultures contribuent à limiter ce genre de problème, mais il reste impératif de rester attentif pour assurer une belle récolte.

Mes astuces naturelles pour protéger efficacement vos plants

Pour limiter les variations d’humidité et contenir les mauvaises herbes, le paillage s’impose comme une évidence. Mais pas n’importe lequel : choisissez celui qui correspond à la nature de votre sol. Par exemple, le paillage de chanvre convient pour les sols lourds, les paillettes de lin ou de miscanthus sont idéales si votre terrain reste frais. L’herbe tondue, bien sèche et déposée en fine couche, nourrit le sol tout en maintenant la fraîcheur. Installer du carton mouillé en sous-couche permet aussi de barrer la route aux limaces.

Pour tenir les gastéropodes à distance, plusieurs solutions s’offrent à vous :

  • Un cordon de cendre tamisée autour de chaque pied, à renouveler après la pluie
  • Des coquilles d’œufs broyées ou du sable grossier qui forment une barrière mécanique
  • Le marc de café séché, répandu en cercle, qui repousse les rampants tout en enrichissant la terre

Ces protections simples et naturelles limitent les dégâts sans recourir à des produits chimiques.

Penser aussi à intégrer dans le potager des plantes alliées comme la bourrache, la phacélie ou le souci. Ces compagnes attirent les pollinisateurs, perturbent le cycle des nuisibles et renforcent la biodiversité. Leur présence favorise une floraison équilibrée et limite les attaques de pucerons.

En permaculture, un griffage superficiel avec du compost mûr revitalise le sol, renforce la résistance des plants et améliore les récoltes. Un apport régulier, même léger, de compost ou de fumier bien décomposé garantit un développement racinaire solide et des fruits à profusion.

Jeune homme posant paillage autour d

Prévenir les maladies courantes : conseils pratiques et retours d’expérience

Dans la réalité du potager, l’oïdium reste le cauchemar numéro un des amateurs de courgettes. Dès que les premières taches blanches apparaissent sur les feuilles, il faut intervenir sans délai : coupez-les et éliminez-les loin des cultures. Ce réflexe simple stoppe la propagation du champignon et protège le reste du plant.

Côté arrosage, la règle ne change pas : au pied, jamais sur les feuilles. L’eau stagnante sur le feuillage encourage la germination des spores. Arrosez tôt le matin, en quantité suffisante, pour que les plants soient hydratés mais que les feuilles sèchent vite.

Certains maraîchers aguerris misent sur la présence de bourrache, de phacélie et de souci pour attirer abeilles et bourdons. Ces plantes compagnes boostent la pollinisation et installent une barrière naturelle contre les maladies.

Si, malgré tout, l’oïdium s’accroche, il reste possible de recourir au soufre micronisé ou liquide. Ces solutions, acceptées en agriculture bio, se pulvérisent hors des heures chaudes pour protéger les jeunes plants sans risque. Utilisées à bon escient, elles empêchent l’installation durable du champignon et préservent la récolte à venir.

Protéger efficacement ses courgettes, c’est miser sur la diversité, la vigilance et des gestes simples, mais réguliers. À la clé, des plants vigoureux qui bravent les aléas du potager, et la promesse de récoltes qui rendent fière chaque main verte.

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